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Samedi 07 septembre

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L’influence de l’agglomération parisienne s’étend aux régions voisines

 

Forte d’un sixième de la population française, l’agglomération parisienne dépasse très nettement les autres agglomérations françaises en nombre d’habitants.

 

Cette primauté de la capitale dans la hiérarchie urbaine se traduit par une organisation particulière de l’armature urbaine qui l’entoure, laissant peu de place aux grandes villes. L’espace d’influence de l’agglomération parisienne s’étend ainsi au-delà de la région Île-de-France, sur douze départements des régions Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France et Normandie. Au sein de cet espace, les territoires sont plus développés et plus liés à l’Île-de-France à l’Ouest et au Nord. Les territoires limitrophes à l’Île-de-France bénéficient de dynamiques de développement plus favorables que ceux qui sont plus éloignés des limites de la région parisienne, en lien avec des relations plus intenses avec celle-ci, même si cet effet s’estompe depuis la crise économique. Plus loin, l’influence de Paris se combine à celles d’autres facteurs aussi bien internes à l’Île-de-France qu’externes. D’une part, les villes de plus de 100 000 habitants les moins éloignées de Paris structurent également l’espace, le fragmentant en plusieurs systèmes urbains n’ayant que peu de relations entre eux. D’autre part, aux marges de cet espace, les territoires au Nord et à l’Ouest et au Sud et à l’Est s’opposent, les premiers disposant d’un maillage urbain dense appuyé par les agglomérations lilloise, nantaise et rennaise, les autres formant le pan septentrional de la diagonale de faible densité.

 

En 2015, l’agglomération parisienne fait figure de mastodonte au sein des villes de France. L’unité urbaine de Paris regroupe 10,7 millions d’habitants. C’est sept fois plus que les deux suivantes, Lyon et Marseille, et dix fois plus que la quatrième, Lille, qui, avec Nice, Toulouse et Bordeaux, est proche du million d’habitants. Cette hiérarchie urbaine particulière des agglomérations françaises se retrouve également dans les caractéristiques de leur environnement. La présence et l’importance de villes secondaires autour de ces grandes agglomérations varient selon la taille de ces dernières, tout comme les logiques  de déplacements entre lieu de domicile et lieu de travail. Les dynamiques de développement des territoires alentour mettent en évidence des enjeux spécifiques pour le développement de l’espace autour de Paris.

 

L’agglomération parisienne rayonne au-delà de l’Île-de-France

 

L’évolution de l’emploi et de la population s’organise de façon concentrique autour des plus grandes agglomérations de France. Au cours de ces dernières décennies, les dynamiques les plus positives se constatent non pas au coeur de l’agglomération parisienne, mais sur ses alentours. Outre des problèmes de congestion, cette situation de desserrement de la capitale résulte notamment de choix volontaristes d’aménagement débutés dès les années 1960, tels que la politique des villes nouvelles ou encore la mise en service du RER. Ainsi, la croissance de l’emploi et de la population au sein de Paris et de sa petite couronne a été en moyenne plus de cinq fois plus faible que dans le reste de l’Île-de-France entre 1975 et 2015. La croissance est la plus forte dans les zones situées entre 20 et 40 km de la capitale. Passée cette distance, la hausse de l’emploi s’atténue rapidement au fur et à mesure de l’éloignement de l’agglomération, laissant apparaître des zones à développement plus résidentiel. La croissance démographique y est en moyenne plus élevée que celle de l’emploi. Ce phénomène résulte notamment de la périurbanisation, c’est-à-dire le départ d’habitants du centre des agglomérations pour s’installer en périphérie, qui commence vers les années 1970. Cet espace où les dynamiques d’emploi ou de population sont plus favorables sur le long terme s’étend sur un rayon de plus de 100 km autour de la capitale, dépassant ainsi les frontières de l’Île-de-France. Au-delà, d’autres grandes villes sont présentes et interagissent avec leur environnement : Orléans, Rouen, Amiens, puis Reims et Troyes. Ces dernières peuvent constituer des relais de l’influence de l’agglomération parisienne pour leurs alentours
qui n’ont pas forcément d’échanges privilégiés directs avec l’Île-de-France. Pour les deux villes suivantes dans la hiérarchie urbaine, Lyon et Marseille, les dynamiques de développement se révèlent favorables dans un rayon beaucoup plus restreint. De fortes ruptures dans les évolutions d’emploi et de population apparaissent à moins de 50 kmdu centre de l’agglomération. D’autres
agglomérations de grande taille se situent à cette distance, telles Saint-Étienne pour Lyon ou Toulon pour Marseille. Les écarts de rang dans la hiérarchie urbaine sont nettement moindres entre Lyon et Saint-Étienne (2e et 16e) et entre Marseille et Toulon (3e et 9e), qu’entre Paris et Creil (1er et 50e), seule ville de plus de 100 000 habitants à environ 50 km de la capitale. Cette différence dans l’organisation urbaine entre l’espace autour de Paris d’une part et ceux autour de Lyon et de Marseille d’autre part confirme la singularité de l’agglomération parisienne au sein de la hiérarchie urbaine française.

 

Le marché du travail de la capitale exerce un pouvoir d’attraction sur les territoires alentours

 

La primauté de Paris et de son agglomération s’apprécie plus directement par ses interactions avec son environnement. La métropolisation s’accompagne du développement des mobilités, marqué par la dissociation croissante des lieux de résidence et de travail, de consommation et de loisirs. Les déplacements quotidiens liés à l’exercice d’une activité professionnelle n’opèrent pas seulement dans une logique de centre-périphérie au sein d’un marché local du travail appréhendé par la notion de zone d’emploi, mais également sous forme d’échanges entre centralités d’emploi. En 2015, les déplacements quotidiens pour aller travailler vers ou depuis la zone d’emploi de Paris représentent 73%des personnes en emploi vivant dans les communes situées dans un rayon de 50 km, 11% de celles habitant entre 50 et 100 km de Paris et encore 2% entre 100 et 150 kmde distance. Le rôle de l’agglomération parisienne dans le fonctionnement se restreint également avec la distance, pour se résumer principalement à celui de pourvoyeur d’emplois. Au-delà de 100 km de Paris, plus de 90% des déplacements domicile-travail avec la zone d’emploi parisienne se font en direction de cette dernière. L’emprise de Lyon et de Marseille sur les marchés locaux du travail de leur périphérie est nettement moindre. Pour ces zones d’emploi, les déplacements domicile-travail vers l’agglomération qui leur est proche se réduisent considérablement dès 50 km. À 100 km, ils représentent moins de 1 % des personnes en emploi résidentes. Ainsi, Paris est la seule agglomération
exerçant une attraction sur le marché du travail de zones d’emploi situées dans les régions limitrophes. Les facilités d’accès à la capitale, où convergent huit autoroutes et de nombreuses lignes ferroviaires à grande vitesse, participent amplement à ce rayonnement.

 

Les liens des territoires limitrophes avec l’Île-de-France renforcent certains marchés locaux du travail

 

Une certaine perméabilité existe ainsi entre l’Île-de-France et les marchés du travail locaux à proximité. Pour onze zones d’emploi situées dans une couronne autour des frontières de celle-ci (figure 4), le nombre de navetteurs avec les zones d’emploi d’Île-de-France représente plus de 10 % des personnes en emploi de la zone. En 2015, pour Évreux cette proportion est de 15 %des actifs occupés résidents et jusqu’à 40 %pour Dreux. Parmi ces zones d’emploi, sept se distinguent par un volume d’échanges dépassant les 10 000 navetteurs, en raison de leur taille plus importante ou des liens plus intenses avec l’Île-de-France. Les dynamiques d’emploi et de population y sont les plus favorables. La zone d’emploi de Pithiviers, de taille relativement modeste, échange quotidiennement 6 900 navetteurs avec l’Île-de-France, soit l’équivalent de 30 % de ses actifs occupés résidents, et présente une croissance de l’emploi et de la population similaire. À l’inverse, la zone d’emploi de Dreux se caractérise par une moindre augmentation de l’emploi sur la période. Au-delà de ces territoires, l’influence parisienne sur les marchés locaux du travail décroît fortement. Les liens (en matière de déplacement quotidiens) qu’entretiennent les zones d’emploi avec l’Île-de-France n’y dépassent pas 6% des actifs occupés résidents. Leurs dynamiques de développement sont beaucoup plus contrastées. Si certaines, comme Auxerre ou Vendôme, affichent une croissance simultanée de l’emploi et de la population au cours de ces quarante dernières années, d’autres, comme Bernay ou L’Aigle suivent une dynamique plutôt résidentielle avec une baisse de l’emploi. Dans les zones d’emploi d’Épernay, Tergnier, Nogent-le-Rotrou ou encore Châteaudun, la population et l’emploi diminuent, malgré leurs liens avec l’Île-de-France. Six zones d’emploi se caractérisent par un volume d’échanges encore important, dépassant les 4 000 navetteurs, et des dynamiques de développement relativement favorables. Il s’agit des zones d’emploi des grandes villes situées à moins de 150 km de Paris -Amiens, Orléans, Reims, Rouen et Troyes – auxquelles s’ajoute Tours.

 

Un lien plus fort avec l’Île-de-France et sur un espace plus étendu vers le Nord et l’Ouest

 

Rouen, la plus grande des agglomérations à moins de 150 km de Paris, se trouve au Nord-Ouest, le long de la Seine. Parmi les douze villes de taille moyenne, comprenant de 50 000 à 100 000 habitants et situées dans le même périmètre, quatre se trouvent à l’Ouest (Chartres, Dreux, Évreux, Vernon), quatre au Nord (Beauvais,Compiègne, Soissons, Senlis), tandis que les quatre restantes se partagent entre le Sud et l’Est (Auxerre, Château-Thierry, Montargis, Sens). Plus largement, les espaces au Nord et à l’Ouest, qu’ils soient urbains ou ruraux, sont plus densément peuplés.Àl’inverse, les espaces faiblement peuplés sontmajoritaires au Sud et à l’Est, en particulier loin des plus grandes agglomérations et des principaux cours d’eau. Les sept zones d’emploi les plus liées à l’Île-de-France en matière de navettes domicile-travail se situent également à ses frontières Ouest et Nord, à l’exception de Sens. Au-delà des territoires limitrophes, les zones d’emploi où les liens privilégiés avec l’Île-de-France sont plus ténus sont regroupées à l’Ouest, après Chartres et Évreux, au Nord, à proximité de Compiègne et au Sud avec Auxerre dans la continuité de Sens. Dans ce paysage, les zones d’emploi des grandes villes autour de Paris se distinguent par leur capacité propre à attirer emplois et population, ce qui rend l’influence de l’Île-de-France plus
difficile à discerner. Les dynamiques de l’espace autour de l’Île-de-France sont ainsi très hétérogènes en fonction de leur proximité à certaines des agglomérations qui le composent. Ces dynamiques peuvent être proches de celles des zones limitrophes à l’Île-de-France comme pour les zones d’emploi de l’axe ligérien, qui bénéficient de la situation socio-économique plus favorable d’Orléans et de Tours. Les zones de Saint-Quentin et de Tergnier au Nord, plus isolées, connaissent au contraire une baisse de l’emploi et de la population. À ces éléments internes à l’espace autour de l’Île-de-France, s’ajoutent des influences extérieures. Aux marges Nord et Ouest, le dynamisme emploi-population se poursuit, bénéficiant entre autres d’un maillage urbain dense et de la présence des agglomérations lilloise, nantaise et rennaise. Aux marges Sud et Est, la diagonale de faible densité fait obstacle à la diffusion de croissance des grandes villes plus éloignées. Il apparaît ainsi un espace ayant une certaine continuité dans ses dynamiques de développement, qui s’étend au-delà de la région Île-de-France, sur douze départements des cinq régions limitrophes : l’Yonne pour la Bourgogne-Franche-Comté, l’Eure-et-Loir, le Loiret, le Loir-et-Cher, l’Indre-et-Loire pour le Centre-Val de Loire, la Marne, l’Aube pour le Grand Est, l’Aisne, la Somme, l’Oise pour les Hauts-de-France et la Seine-Maritime, l’Eure pour la Normandie.

 

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Sur la période récente, l’emploi ralentit autour de l’agglomération parisienne

 

Si le phénomène de métropolisation a particulièrement profité aux territoires limitrophes à l’Île-de-France sur une période longue de quarante ans, la situation diffère ces dernières années, à la suite de la crise économique et financière de 2008-2009. Entre 2010 et 2015, tandis que la population continue d’augmenter à un rythme proche de celui observé depuis la fin du baby-boom en France métropolitaine, l’emploi stagne, alors que son évolution est positive sur quarante ans (+ 0,5% en moyenne par an). Ce décrochage ne semble pas affecter Paris et sa petite couronne, où le rythme de croissance de l’emploi, tout comme celui de la population, se maintient. L’emploi dans le reste de l’Île-de-France demeure stable entre 2010 et 2015, alors qu’il augmente de 1,1% en moyenne  sur longue période. Sur ce même territoire, l’accroissement démographique ralentit également, mais dans une moindre mesure. De manière similaire, aucune zone d’emploi ayant des liens privilégiés avec l’Île-de-France n’affiche de hausse de l’emploi après la crise.Cette situation moins favorable s’observe également en matière de population, même si la plupart des territoires continuent à gagner des habitants. Les grandes  villes autour de Paris ont mieux résisté, au contraire des territoires les plus liés à Paris. Ainsi, alors que ces derniers présentaient les évolutions les plus favorables de l’emploi et de la population avant la crise, ils suivent des dynamiques comparables à celles des grandes villes autour de Paris sur ces dernières années. Le phénomène de fort ralentissement qui affecte l’espace autour de la capitale après la crise se retrouve également autour des autres plus grandes agglomérations de France, Lyon et Marseille.

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