Inscrivez-vous à la newsletter

Tendance carrelage

Samedi 07 septembre

Actualités et vidéos

Discours d’Hervé Morin, Président de la Région Normandie

Logo région normandie

 

L’ordre du jour chargé témoigne de la double et constante préoccupation de la majorité régionale, celle de porter une ambition toujours plus forte pour la Normandie et les Normands, et celle d’agir avec une ligne de conduite qui repose à la fois sur la coconstruction et une gestion rigoureuse des deniers publics.

 

Prenons l’exemple de l’économie régionale qui est assez symbolique de la volonté qui nous anime et qui vient d’être saluée par le Gouvernement et Business France pour nos dispositifs à l’époque expérimentaux, et désormais généralisés sur le soutien à l’exportation. A peine arrivés aux commandes de la Région, nous avons profondément transformé les mécanismes de soutien à l’économie : création d’ADN, dispositifs innovants comme le fonds d’investissement, désormais doublé par un fonds dédié à l’économie bleue et un fonds permettant de délivrer des prêts participatifs qui ont pour objectif  le haut bilan de nos entreprises ou de consolider leur transmission ou leur reprise ; les dispositifs impulsion portés par l’ADN ont bénéficié à près de 2200 entreprises, pour 177 millions d’euros accordés, avec un effet de levier important puisque pour 1€ accordé on relève 6€ d’investissement ; ces dispositifs étant construits sur un modèle suffisamment simple et réactif pour qu’une aide à l’exportation soit accordée dans un délai de 15 jours et pour toutes les autres, dans un délai de moins de 2 mois.

 

Alors que notre économie très industrielle a beaucoup souffert durant 20 ans, les statistiques nationales démontrent que depuis 2 ans la Normandie est dans le peloton de tête des régions les plus dynamiques sur le plan économique comme le relèvent les statistiques sorties ces dernières semaines et émanant de différentes institutions nationales.

 

Jugez du peu :

  • En 2018, selon les douanes les exportations ont augmenté de 3,8% de plus qu’au niveau national. Notre accélérateur à l’exportation dans lequel sont passés plus de 200 entreprises a permis à 30% d’entre elles de faire leurs premiers pas sur les marchés internationaux ;
  • En 2018, les investissements des entreprises dans l’industrie se sont accrus de 2,9% en France selon les statistiques nationales. En Normandie, l’augmentation a frôlé les 10%, elle est même de près de 20% dans les entreprises de service ;
  • En 2018, les créations d’entreprises ont connu une hausse de 17,3% en France. Elle s’est élevée à 21,4% en Normandie ;
  • En 2018, les défaillances d’entreprises ont augmenté d’1,7% en France toujours selon l’INSEE. Elles ont baissé de 4,3% en Normandie grâce notamment à ARME qui est intervenue auprès de près de 500 entreprises en 2 ans ;
  • En 2018, le nombre de demandeurs d’emploi toute catégorie confondue, s’est réduit de 0,2% en France selon le Ministère du travail. La diminution a été de 1,7% en Normandie. Malheureusement nous sommes aujourd’hui confrontés à ce paradoxe absolument insupportable d’un chômage encore de masse dans bien des bassins d’emploi et des besoins en main d’œuvre non pourvus dans tous les secteurs. C’est un immense défi que de sortir de ce schéma totalement insupportable et c’est pourquoi – j’y reviendrai – nous avons bâti le pacte régional d’investissement dans les compétences ;
  • Enfin, selon Pôle emploi, les projets de recrutement ont augmenté de 8,2% en 2017 et de 18,7% en 2018 en France. Dans le même temps, la Normandie connaissait une augmentation plus forte avec +28,1% en 2017 et +24,5% en 2018.

 

Parallèlement à cet effort sans précédent en Normandie pour le soutien des entreprises, la Région lancera cet automne une politique totalement renouvelée en matière d’orientation comme l’y invite le transfert de compétences enfin décidé par la loi. Présentée devant plus de 300 acteurs politiques, économiques et sociaux le 20 septembre dernier après 4 mois de coconstruction, elle répond à deux enjeux vitaux pour la Normandie. Il s’agit de donner de meilleures chances à nos jeunes, dans une région où 22% de la population est diplômée de l’enseignement supérieur contre 25% à l’échelle nationale, et où l’espoir d’obtenir un bac pour un élève de 6ème est moindre qu’ailleurs, de leur donner les moyens les plus pertinents pour les accompagner dans leur choix d’orientation par des expériences immersives et par des découvertes des métiers de demain. Cette politique régionale vise également à mettre en adéquation les compétences des normands et les besoins de nos entreprises. Il n’est pas acceptable que plus de 50% des offres d’emploi soient considérées comme difficiles à pourvoir alors qu’il y a plus de 280 000 demandeurs d’emploi en Normandie !

 

Non seulement l’orientation est stratégique pour permettre aux jeunes de connaître les métiers et donc pour limiter au maximum les échecs d’orientation et donc scolaires, non seulement cette nouvelle politique doit permettre à l’économie régionale de mieux trouver les qualifications dont elle a besoin, mais elle doit aussi relever les défis majeurs que sont la parité dans certains métiers dans lesquels les femmes sont encore très largement sous-représentées et plus encore la reproduction sociale qui n’a jamais été aussi forte en France. Jamais la part d’enfants issus de milieux modestes n’a été aussi faible dans nos grandes écoles ou dans les études longues de l’enseignement supérieur. Je remercie David MARGUERITTE et Marc MILLET qui se sont beaucoup investis sur ce plan. Nous y reviendrons dans la journée.

 

Le grand chantier du désenclavement de la Normandie lancé en 2016 par Jean-Baptiste GASTINE représente un défi tout aussi important. Il va se traduire dans près de six mois par la mise en œuvre d’une nouvelle offre de mobilité comme la Normandie n’en a jamais connu. Fondée sur une analyse des 538 millions de déplacements qui ont lieu chaque année sur le territoire normand, elle sera mieux en phase avec les réalités des modes de vie des Normands. Elle sera plus flexible. Elle sera plus étendue. En quelques mots, elle sera centrée sur les besoins des voyageurs.

 

Organisée autour du train, colonne vertébrale du dispositif global, elle se traduira notamment par une offre ferroviaire en progression de 20%, avec des trains intercités d’un grand confort, des dessertes mieux répartis tout au long de la journée et des trains plus tôt et plus tard. Pour ne prendre que quelques exemples, plusieurs dessertes vont évoluer : Celle de Caen passera en 2020 de 13 à 16 allers/retours vers Paris ; celle de Rouen passera de 27 allers/retours vers Paris à 32 allers/retours ; Quand les travaux sur les voies seront terminés, il y aura 20 allers-retours vers Paris pour Caen, et 35 pour Rouen. Celle du Mont Saint-Michel sera améliorée avec la mise en place d’un aller-retour direct quotidien depuis Paris Montparnasse ; Par ailleurs, l’arrivée et le départ du Paris-Granville seront transférés à Montparnasse pour 9 trains sur 10 et un aller-retour direct Paris-Dieppe sera mis en place chaque week-end, 7 ans après avoir été supprimé.

 

Cette nouvelle offre s’accompagne d’investissements forts de la Région pour rénover les gares normandes. Je rappelle que la collectivité a choisi de consacrer 54,4 M€ à la modernisation des bâtiments voyageurs et/ou la mise en accessibilité des quais. Plus de 30 gares sont concernées. La Région mobilise également 16 M€ pour l’aménagement de pôle d’échanges multimodaux à proximité de 27 gares normandes.

 

La nouvelle offre de mobilité fera également appel aux autocars. En complément du train, là où il n’y a pas de voie ferrée, ou pour assurer les rabattements. En remplacement lorsque c’est plus efficace. Par exemple, un aller-retour par autocar entre Caen et Le Mans complètera la grille ferroviaire en permettant une bonne correspondance avec le TGV au Mans. Les horaires des réseaux de cars des Départements transférés à la Région vont être revus pour assurer de meilleures connexions avec les trains. Certaines lignes seront en outre renforcées pour répondre aux attentes des territoires desservis, comme par exemple le trajet Caen Flers, avec 2 AR par jour de plus.

 

Enfin, la Région n’oublie pas le vélo. La collectivité soutient la réalisation des pistes cyclables, avec des dispositifs qui permettent de subventionner jusqu’à 30% des travaux, dans le cadre des contrats passés avec les territoires.

 

Troisième domaine prioritaire où la majorité régionale a choisi d’agir avec volontarisme et détermination : le développement durable. Hubert DEJEAN DE LA BATIE vous présentera au cours de cette journée un point complet de la politique régionale dans ce domaine. Il précisera le bilan du plan Normandie Bâtiments durables, qui a permis la construction ou la rénovation énergétiques de plus de 9 000 logements en 3 ans, celui du plan Normandie hydrogène qui va franchir cet automne une nouvelle étape avec la mise en service d’une dizaine de station services automobile dédiées ou encore celui du plan méthanisation Normandie qui s’est traduit par la mise en fonctionnement de 78 méthaniseurs, plus de 100 unités étant en projet.

 

En l’espèce, l’action que la Région et la Chambre régionale d’agriculture viennent de lancer, et qui vise à anticiper l’arrêt du glyphosate, mérite qu’on s’y arrête quelques instants. Afin de cumuler suffisamment d’enseignements et d’expériences et pouvoir ainsi faire évoluer notre politique agricole régionale quand viendra le moment de l’interdiction générale du glyphosate, c’est-à-dire en 2021 ou 2022, la Région Normandie a lancé un appel à candidatures pour que 50 exploitations agricoles pionnières puissent porter des expérimentations, des innovations partagées qui permettront ainsi à la Normandie d’anticiper au maximum les conséquences de l’interdiction du glyphosate et de faire partager à l’agriculture française les enseignements des 50 exploitations pionnières.

 

Lcomlocal

 

Mes chers collègues, l’ambition développée par la majorité va bien entendu au-delà des domaines de l’économie, des transports et du développement durable. Elle s’est également traduite au cours des dernières semaines par le déblocage de la chatière du port du Havre, équipement réclamé depuis près de 20 ans par les milieux portuaires havrais. Elle s’est illustrée, s’agissant du rayonnement et de l’attractivité de la région, par le 2ème forum mondial Normandie pour la Paix qui, je le crois, a été un très grand succès et est en passe de devenir un événement de haut niveau reconnu par tous les spécialistes des questions de sécurité. Toujours au titre du rayonnement de la Région, nous accueillerons durant 2 jours, à partir de demain, le Forum européen de l’Innovation agricole à Lisieux, et la semaine prochaine nous inaugurerons à Paris aux Galeries Lafayette le partenariat qui permettra à la Normandie une exposition considérable et mondiale puisque 6 millions de visiteurs durant 2 mois – dont 70% d’étrangers – s’y rendent chaque été. Pour accompagner les jeunes normands, la majorité régionale a décidé aussi de porter de 70 € à 120 € la contribution d’@tout Normandie à l’achat des livres scolaires des lycéens impactés par la réforme du bac. Tout comme la Région mobilisera 843 M€ sur 4 ans pour la formation des personnes en recherche d’emploi et proposera à cet effet une offre de 128 000 entrées en formation sur la période, dans le cadre du pacte régional d’investissement dans les compétences.

 

Au total, comme vous l’indiqueront Anne-Marie COUSIN et Serge TOUGARD au moment de la présentation du compte administratif, les dépenses d’investissements hors dette de la Région Normandie ont atteint 506 M€ en 2018 ! C’est 8% de plus qu’en 2017. C’est surtout 34% de plus qu’en 2015, Régions Basse et Haute Normandie cumulées.

 

Le compte administratif 2018  l’atteste : la Région Normandie a continué à améliorer sa capacité de désendettement. Elle est désormais de 1,55 année. C’est moins qu’en 2017 puisqu’elle s’élevait alors à 1,69 année. C’est trois fois moins que l’endettement des Régions françaises. La Région Normandie  demeure, et de loin, la région la moins endettée de France et son épargne brute de 296 M€ a même augmenté de 11% en 2018 !

 

Ce sérieux budgétaire, c’est d’abord un souci du premier €uro dépensé, une vigilance à privilégier ce qui produit de la valeur ajoutée et non les saupoudrages clientélistes, et une recherche permanente d’économies. Ainsi, depuis la fusion, le montant des économies réalisées a atteint 11,5 M€,  du fait de l’abandon des magazines régionaux, de la renégociation de la convention TER, de la renégociation des marchés d’assurances et surtout, s’agissant des travaux et des dépenses d’énergie dans les lycées, grâce à la généralisation du recours à la mutualisation des achats avec les collèges et d’autres entités publiques soutenues par la Région.

 

Si beaucoup reste à faire, la Normandie progresse, c’est incontestable. Sachons collectivement en être fiers et soyons suffisamment pugnaces pour ne pas relâcher l’effort.

La vidéo du moment

Pour une école vraiment inclusive

Vidéo explicative sur la proposition de loi du député de la Seine-Maritime (76) Christophe Bouillon. Cette proposition de loi vise à améliorer les conditions des enfants en situation de handicap. Tour d'horizon des solutions proposées par le député de le Seine Maritime. #ecolevraimentinclusive